Association Franco-Africaine d'Actions Solidaires et d'Entraide

Actions dans le commerce équitable, la promotion de la santé, la scolarisation de tous les enfants et la formation des filles et des femmes africaines - Si tous les gars du monde voulaient s'donner la main, ils feraient autour du monde une chaîne d'amitié -

Contenu - Menu - S'identifier - Contact

Mardi (23/11/04)

Les femmes plus touchées par la précarité

Dans le monde...

. 51% des habitants sont des femmes.

. 70% des pauvres sont des femmes.

. 51 femmes scolarisées pour 100 hommes.

. Le salaire des femmes ne représente en moyenne qu'entre 72 et 85% de celui des hommes, à travail égal.

. le travail non-rémunéré des femmes s'élève à 11 000 milliards de dollars, le produits brut mondial à 23 000 milliards.

Les femmes dans les Conseils d'administration des organisations internationales...

. Fonds Monétaire international : 0%

. Banque Mondiale : 8%

> Source PNUD, Human Development Report 2002

--------------------------

Vous comprendrez qu'au vu de ces chiffres, notre association a souhaiter, dans le cadre de ses activités, d'associer les filles et les femmes à nos programmes de développement durables car il est évident qu'elles sont un maillon essentiel du développement de leur pays.

Prenons l'exemple de ce que font les femmes commerçantes de M'Bour au Sénégal. Elles s'organisent pour favoriser l'épargne, le crédit à travers la tontine. Elles réalisent des oeuvres familiales majeures (construction de maison ou financement des études des enfants à l'étranger).

Le rôle primordial des femmes dans le développement, resté longtemps invisible, est aujourd'hui amplement reconnu. Education des enfants, production et préparation de l'alimentation du ménage, soins aux membres de la famille, réseau social... Ces activités "reproductives" sont invisibles dans les comptes de l'Etat mais n'en demeurent pas moins indispensables au fonctionnement d'une économmie et d'une société toute entière. Sans elles, il ne peut y avoir de développement économique, sociale et culturel.

Plus touchées par la pauvreté, les discriminations, la violence et la précarité en général, les femmes ont été tour à tour ignorées des politiques de développement, puis cibles, victimes et enfin parties prenantes. La reconnaissance et la prise en compte de leur rôle dans l'élaboration et la mise en oeuvre des politiques et actions de développement est le fruit d'une longue évolution et de nombreuses réflexions. Depuis le lancement de la Décennie de la Femme en 1975 par l'ONU, il aura fallu plus de 30 ans pour rendre visible leur contribution au développement et observer un début d'amélioration de leurs conditions de vie et d'accès aux ressources, à l'éducation et la santé.

Un grand pas a été franchi en 1995, à l'occasion de la 3ème Conférence Mondiale sur les Femmes à Pékin. Cette année-là, le PNUD consacre son Rapport sur le Développement Humain aux Femmes. En introduisant de nouveaux indicateurs socio-économiques "sexo-spécifiques", ce rapport rend visible le travail des femmes et leur participation au développement économique et social de leur pays, mais il souligne également la féminisation de la pauvreté, les inégalités d'accès aux ressources foncières et financières, les discriminations et les droits fondamentaux qui ne leur sont pas accordés (santé, éducation  primaire, droit à la parole, etc.).

Pendant cette même période, la multiplication des réflexions et des études sur la thématique "Genre et Développement" ont permis d'élaborer des cadres d'analyse prenant en compte les relations de genre, le type d'activités exercées par les femmes au sein d'une communauté, l'accès et l'usage des ressources et enfin leur participation à chaque étape du cycle de projet. L'approche Genre est devenue quasi-incontournable dans les projets de coopération, jusqu'à devenir une condition sine qua non pour obtenir les financements des bailleurs.

Les femmes sont aujourd'hui des parties prenantes du processus du développement. Leur dynamisme est particulièrement remarquable dans les projets d'économie solidaire. Avec des appuis financiers extérieurs elles mettent sur pied des coopératives de production et de commercialisation (artisanat, textile, alimentaire) qui leur permettent de générer un revenu vital pour leur famille mais aussi d'améliorer les conditions de vie de la communauté. Les femmes sont aussi les bénéficiaires privilégiées des programmes de micro-crédit, pour plusieurs raisons : elles remboursent en général mieux et plus régulièrement que les hommes, elles ont plus l'esprit de groupe et de solidarité, et enfin l'impact en terme d'amélioration des conditions de vie des familles est plus important.

Les zones rurales pauvres, notamment en Afrique Sub-Saharienne, connaissent un fort taux d'émigration des hommes. Cette situation rend plus que jamais nécessaire la participation des femmes à la vie politique locale et nationale. En s'organisant collectivement, elles sont plus à même de faire entendre leur voix et de participer à la prise de décision. Le micro-crédit, souvent accompagné d'un volet formation, s'est aussi montré efficace pour donner la parole aux femmes. L'impact de ces programmes sur le statut des femmes est ressenti tant au niveau communautaire qu'à l'échelle du ménage, plus ou moins fortement selon les régions, les pays et les cultures.

Pour que les femmes deviennent des actrices à part entière du développement, de grands progrès restent à faire : accès pour toutes à l'éducation primaire et secondaire, répression des discriminations et des violences envers les femmes et surtout participation effective (et non plus théorique) à la prise des décisions politiques qui les concernent. Le rôle des femmes dans le développement est connu, reconnu et pris en compte, le nouveau défi est de leur permettre d'accéder au pouvoir et de renforcer leurs capacités à s'exprimer et à orienter leur vie.

Extrait du bulletin de liaison du Collectif Régional des Acteurs de la Coopération et de la Solidarité Internationale.

Ecrit par elianeguilleminot à 17:14 dans Formation des filles et des femmes Version imprimable

Permalien (aucun commentaire)